La santé numérique d'un parc, ce n'est pas "on a un antivirus". C'est trois choses qui se vérifient, pas qui se supposent : les mises à jour réellement appliquées, les sauvegardes réellement testées, et un inventaire à jour de ce qu'on a (âge des postes, licences, qui a accès à quoi).
J'ai commencé sur du support et de l'infra, il y a 27 ans, avant de me reconvertir dans l'automatisation. Le même schéma revient sans arrêt : tout va bien jusqu'au jour où ça ne va plus, et ce jour-là, on découvre l'état réel du système en même temps que la panne.
Le baromètre Cybermalveillance.gouv.fr le confirme d'une façon qui m'a marqué : 78 % des TPE-PME disent avoir des sauvegardes. Mais le chiffre ne dit rien sur combien les ont déjà restaurées pour vérifier qu'elles fonctionnent. Une sauvegarde qu'on n'a jamais testée n'est pas une sauvegarde, c'est un espoir.
Même écart côté perception : 58 % des dirigeants pensent avoir une protection correcte, pendant que 80 % reconnaissent, dans la même étude, ne pas être préparés en cas d'incident. Les deux chiffres viennent des mêmes entreprises. C'est exactement ce que je constate en mission : on se sent couvert tant que rien n'a encore cassé.
L'angle que peu de monde soulève : avoir les bons outils (antivirus, sauvegarde, pare-feu) ne dit rien sur leur état réel. 84 % des TPE-PME ont un antivirus installé. Combien savent quand il a été mis à jour pour la dernière fois ? La question n'est pas "avez-vous l'outil", c'est "savez-vous où il en est aujourd'hui".
Dans une PME de 5 à 30 postes, il n'y a souvent personne dont c'est vraiment le métier de répondre à cette question. Le dirigeant gère l'IT entre deux urgences commerciales, ou personne ne le fait.
Vous savez, là, maintenant, si vos sauvegardes redémarreraient vraiment en cas de coup dur ?
Source : baromètre national de la maturité cyber des TPE-PME, Cybermalveillance.gouv.fr, octobre 2025.
CQS-IT